Classe écritures : Johary Ravaloson

Le mystère des Jason-Nice

Chapitre 1

« Lily !
— Oui ?
— On va être en retard, va dire au revoir à ta mère et tes frères.
— Oui papa ! »

La petite se dirigea vers la chambre de son petit frère et lui fit un bisou. Elle alla ensuite voir son grand frère, Ben, qui lui fit un câlin et lui souhaita bonne chance. Elle finit par Anne-Lise qui la prit dans ses bras, les larmes aux yeux.

Une fois les valises dans le coffre, Harold prit le volant afin de conduire le père et la fille à l’aéroport. Harold était le chauffeur des Jason-Nice depuis le plus jeune âge de Cole. Monsieur Jason et madame Nice étaient les propriétaires d’un grand casino à Las Vegas. Cole avait refusé de reprendre l’entreprise familiale, il savait la vérité. Ses parents ne faisaient pas grand chose de légal dans ce casino. Bien au contraire, ils étaient des mafieux et ce, depuis le début.

Comment pensez-vous qu’ils se sont rencontrés ? Ils sont tous deux les enfants de grands criminels. Les parents de monsieur étaient également propriétaires d’un casino, mais ils avaient tué un homme qui avait découvert leur petit jeu. Ils sont encore en prison aujourd’hui, tous deux âgés d’une soixantaine d’années. Quant aux parents de madame, ils n’étaient pas tous les deux des mafieux, son père était au service des Jason, il vendait de la drogue pour eux. Mais sa mère était une femme bien, jusqu’à ce qu’elle découvre ce que son mari faisait, elle avait alors décidé de fuir avec ses deux enfants. Malheureusement pour la pauvre femme, elle fut assassinée par son mari. Nancy se retrouva avec son père. De plus elle avait le même âge que Jack, le fils des Jason, ils furent élevés ensemble. Quant au petit garçon, il fut porté disparu, personne ne l’avait vu depuis quarante-trois ans.

Cole avait donc décidé de partir à Paris à l’âge de dix-sept ans. Il eut comme tutrice Anne-Lise qui lui apprit le français. Il tomba amoureux d’elle et ce fut réciproque. Après deux ans ensemble, Cole l’emmena à Chicago dans un petit immeuble. Il commença son nouveau business. Son fils, Ben, vit le jour un an après. Ses affaires marchaient bien, et les revenus étaient suffisants pour que sa femme puisse rester pour s’occuper du nouveau-né. L’année suivante, ce fut leur fille qui arriva. L’appartement était désormais trop petit, Cole offrit comme cadeau de mariage un petit palace à sa famille.

Ben avait désormais cinq ans, Lily quatre ans et Andreas, le dernier né, n’avait que deux semaines. Et depuis deux semaines, la presse ne parlait que du « petit prince de Chicago ». La famille de Cole était riche et célèbre. Notamment Lily pour ses talents de danseuse et sa voix magnifique. Elle était d’ailleurs une candidate de The Voice Kids. Elle et Cole se dirigeaient donc vers l’aéroport en direction de New-York en ce moment-même.

Cole n’était venu que pour une raison, il avait d’importantes réunions à New-York. Notamment une, le soir même, c’était également la première audition de Lily. Harold avait donc à sa charge la petite. Il la considérait comme sa petite fille, elle et lui étaient vraiment très proches étant donné qu’il l’accompagnait à ses entraînements et à ses spectacles. Ça ne dérangeait pas Lily, contrairement à Ben qui faisait des crises lorsque ce n’était pas sa mère qui l’accompagnait. Anne-Lise s’excusait à chaque fois et la réponse du vieil homme était la même : « Ne vous inquiétez pas madame, Cole était pareil. » Cette phrase était toujours accompagnée de son doux rire. Cole avait été élevé par Harold de telle façon que cet homme comptait beaucoup plus que son père.

Chapitre 2

À peine sorti de l’aéroport Cole prit sa voiture personnelle pour se rendre à son travail, tandis que Harold et Lily se dirigeaient vers l’hôtel. La première audition avait lieu ce soir à 18 heures. La réunion de Cole quant à elle avait lieu à 17 heures 30. Harold avait emmené la petite au restaurant de l’hôtel pour passer le temps, elle était excitée à l’idée de monter sur scène. Ils prirent des frites et des nuggets puis se mirent à parler.
« Comment était papa à mon âge ?
— Comme ton frère Ben. C’était un petit garçon très intelligent, mais il aimait sa maman plus que tout.
— Et papi Jack ? Il ne l’aimait pas ?
— Papi Jack n’était pas souvent à la maison, j’ai donc joué le rôle de père pour Cole.
— Donc papa est comme papi Jack. Jamais là.
— Ne dis pas ça, Lily. Ton père travaille dur pour que vous et votre famille puissiez avoir un toit et de quoi manger.
— Mon amoureux a un toit, de quoi manger et un papa.
— Lily a un amoureux ?
— Oups… Il s’appelle Léo et il est français, comme maman. Il est très gentil. »
Harold aperçut Cole. Il était debout non loin de là. Dans la tête de Cole, son pire cauchemar se réalisait, devenir comme son père. Un père absent qui ne compte pas dans la vie de ses enfants. Il partit en direction de son bureau pour fuir. Pourquoi ? Il ne savait pas. Sans doute la honte, se disait-il. Pour les internautes, il était un bel homme riche et père de famille ; pour sa fille, il était un père absent ressemblant à son père. Il venait de se rendre compte de ce que son père avait dû vivre lorsque Harold jouait les papas à la place de Jack.

La réunion venait de se finir et Cole était à bout. Sa réunion avait été repoussée de deux heures mais en passant à l’hôtel il n’y avait personne, il avait donc fait chemin inverse jusqu’à un bar où il avait bu un ou deux verres. Il s’était par la suite fait voler son portable de fonction sur lequel tous ses contacts d’affaires étaient enregistrés. Après quoi il avait dû se rendre à la réunion avec une demi-heure d’attente. Il était donc rentré à l’hôtel aux alentours de minuit. Il avait repris un verre au bar de l’hôtel. Il voulait oublier. Oublier quoi ? Qu’il était un horrible père qui ne s’occupait pas de ses enfants. Il ne prit pas le temps de se doucher et tomba dans son lit.

À 7 heures, son réveil se mit à sonner. Il l’éteignit et se rendit à la cuisine pour faire des crêpes. Pendant son sommeil il fit un horrible cauchemar dans lequel il devenait son père. Il se mit donc en tête de devenir un père idéal. Une fois les crêpes finies, il alla réveiller Lily. Sauf qu’elle n’était pas dans son lit. « Elle a dû aller se faire belle », se dit-il. Il partit en direction de la salle de bain, dans laquelle elle n’était pas. Son cœur accéléra. Il se mit à fouiller chaque pièce. Jusqu’à ce qu’une sonnerie le fasse sursauter. Il avança vers son manteau et prit son téléphone personnel. C’était Harold. Il décrocha.
« Allô ?
— Oui, monsieur Cole, c’est Harold. C’était pour vous prévenir que je prenais ma journée.
— Bien, mais auriez-vous vu Lily ?»

Son téléphone se coupa. Plus de batterie. Il mit son téléphone à charger, mais une seconde sonnerie retentit. Il se tourna et vit le téléphone de l’hôtel. Il s’approcha, pris de vertiges et de tremblements. Sa main n’était plus sous son contrôle et il eut du mal à décrocher le téléphone.
« Â-âllo ? dit-il d’une voit tremblante.
— Cole ? Cole, c’est Anne-Lise. Je suis inquiète, tu ne me donnes plus de nouvelles depuis hier, ça va ?
— Oui… il ne savait pas ce qu’il disait, sa bouche était pâteuse et sa gorge sèche.
— Tu peux me passer Lily ?
— Non.
— Pourquoi ?
— Oh zut ! Les crêpes, je vous laisse. Au revoir madame. »

Cole se dirigea vers la cuisine. Mais elle n’était pas droite. Il vit les crêpes et tel un enfant en bas âge en prit une le plus discrètement possible. L’îlot lui paraissait être une montagne. Sa tête chauffait et d’un coup, le noir prit place. Cole avait peur du noir, il hurla mais aucun son ne passa ses lèvres. Il se retrouva sur un bateau. Du moins, il pensa se retrouver sur un bateau. Il faisait trop noir pour en savoir plus. Mais tout chavirait comme un kayak dans les rapides. Puis d’un coup, la cascade. Cole se sentit tomber plus bas que terre. Et il s’empala sur un rocher pointu. Son souffle se coupa net et le bruit sourd de la chute résonna. Sa tête lui faisait mal, très mal. Comme si d’un coup c’était sa tête qui ressentait toute la douleur de son corps.

Chapitre 3

« Docteur Martin, vous pensez qu’il se réveillera quand ?
— À vrai dire je ne sais pas. Mais dans une semaine au maximum.
— Merci docteur. »

Il n’entendit que de vagues discussions au loin mais il parvint à entendre celle-là. Il se releva doucement sans ouvrir les yeux, la lumière les détruisait petit à petit. Une main se posa sur son épaule, et le poussa délicatement à se rallonger. Il ouvrit légèrement un œil et vit sa mère. Elle était devant lui. Il aurait très bien put l’enlacer mais se contenta de dire :
« Nancy. Que nous vaut ta présence ?
— Cole… Je suis ta mère, appelle-moi maman.
— J’ai dit, que nous vaut ta présence ?
— C’est moi, je lui ai demandé de venir. Cole c’est ta mère et la grand-mère de nos enfants.
— Anne-Lise, tu sais que je la déteste ! articula Cole dans un français qui lui sembla lointain d’un coup. Tu ne devrais pas avoir à la faire venir sans mon avis !
— Ça fait dix heures que je suis là, seule. J’ai le droit de demander de l’aide pour m’occuper des enfants ?
— Dix heures ?
— Oui, ça fait dix heures que je suis là à attendre, à attendre pour toi. Parce que j’ai peur, Cole. »

Il observa autour de lui et reconnut une chambre d’hôpital. Les larmes lui montèrent aux yeux. Que faisait-il dans une chambre d’hôpital ? Et pourquoi cet homme en blanc le fixait-il depuis qu’il avait franchi le seuil de la porte ? Il le fixa à son tour, pensa jouer à un duel de regards. Dans sa tête Cole se sentit comme un enfant. Un petit enfant.

« Monsieur Cole ? Je vais vous poser quelques questions, d’accord ? »
Cole hocha la tête.
« Bien. Racontez-moi tout ce qui s’est passé depuis que vous êtes rentré chez vous hier soir.
— Je suis allé me couché puis je me suis levé à sept heures. J’ai décidé de faire des crêpes pour Lily. Mais elle n’était pas à l’appartement. Ensuite Harold m’a appelé pour me dire qu’il prenait une journée de congé, puis c’est Anne-Lise qui m’a appelé mais je suis vite parti car je voulais une crêpe. Sauf que je suis parti faire du kayak de nuit et après je suis tombé de la cascade et me suis écrasé sur un rocher et pouf ! Je suis ici.
— Cole… Je ne t’ai pas appelé et Harold non plus, chuchota Anne-Lise.
— Madame Nice ? Pouvez-vous venir me voir ?
— Bien sûr. »

Nancy suivit le docteur. Elle revint peu après et demanda à tout le monde de quitter la pièce, seule elle et le docteur restèrent. Elle alla s’asseoir à coté de son fils. Le docteur se plaça devant lui un air inquiet sur le visage. On pouvait également voir de la confusion sur son visage. Sur celui de la mère on voyait des larmes et de la tristesse, ainsi que du regret et de la honte.

« Cole… Ce que le docteur va te dire n’est pas totalement sûr, d’accord ?
— D’accord.
— Bien, monsieur pour pouvoir en savoir plus, nous allons devoir vous faire passer une batterie d’examens. Il s’avère que vous êtes porteur des gènes MAOA et CDH13.
— C’est quoi, exactement ?
— Les gènes du serial killer. L'un d’eux est le MAOA : un gène responsable de la dégradation des molécules, en particulier des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, l'épinéphrine, la noradrénaline et la dopamine. Ils servent à réguler l'humeur, les émotions, le sommeil et l'appétit ! Le second est le CDH13, impliqué dans des troubles du contrôle de l'impulsivité. Ces gènes sont héréditaires et ont souvent été détectés chez les grands criminels. Après, de là à dire que tous ceux qui ont ces gènes ont une envie irrépressible de tuer, ce serait exagéré. Vous êtes peut-être porteur de ces gènes mais rien ne veut dire que vous êtes un tueur en série.
— S’ils sont héréditaires, mes enfants en sont porteurs ?
— Écoutez, là n’est pas le problème. Nous avons fait des analyses sur vos deux parents et...
— Merci docteur je vais continuer. Écoute chéri, je sais que ce que je vais te dire va être dur mais ni lui ni moi n’en sommes porteurs. »

Cole reçut un choc, il ne comprenait pas totalement car les médicaments faisaient toujours de l’effet. Mais il arriva à capter le principal. La douleur se situait au niveau de son cœur. C’était insoutenable pour lui. Sa respiration se bloquait et sa gorge se serrait de façon à ce qu’il ne puisse respirer. Il étouffait. Lorsque sa mère lui tendit sa main, il la repoussa avec dégoût. Le docteur conseilla à la mère de Cole de le laisser prendre son temps. Une nouvelle comme celle-ci était dure à avaler. De plus, étant donné l’état de Cole, il fallait le laisser respirer. Il était quand même resté pas loin de dix heures inconscient.

Anne-Lise était inquiète. Elle était revenue, seule et la chambre était vide de bruit, seuls la respiration de Cole, les bips de la machine cardiaque et les battements de son cœur étaient audibles. Son mari fixait la fenêtre, dehors il neigeait. L’hiver s’installait tranquillement dans la ville américaine. Cole aimait l’hiver, malgré le froid, il l’aimait. Avec tous ces déplacements il n’en avait pas vu la beauté depuis longtemps.

Il se rappelait cet hiver, il n’était qu’un petit garçon. Il était sorti en cachette dehors pour faire un bonhomme de neige. Elle l’avait rejoint. Elle avait joué avec lui toute la matinée. Ils étaient rentrés le plus discrètement possible. Mais lorsque Harold les vit, il leur ordonna de monter avant que Jack ne s’en rende compte. Ils montèrent en riant. Cole l’aimait plus que tout, elle était la raison de ses sourires.

« Cole ? À quoi penses-tu ?
— À rien, Annie. À rien.
— Pourquoi pleures-tu ?
— Elle… Elle n’est pas là.
— Qui ?
— Personne. Maintenant, laisse-moi.
— Cole... je...
— Va-t-en ! »

Ladite Annie s’en alla, les larmes aux yeux. De son côté, il la pleurait. Combien de temps qu’il ne l’avait pas vue? « Dix-neuf ans... » se dit-il. Mais le fait de repenser à ça lui rappela bien des souvenirs. Plus ou moins agréables. Notamment celui-ci, lorsqu’il n’avait que trois ans...

« Cole ! Essaie de comprendre un peu ! Ce n’est pas croyable que tu ne comprennes pas… Tu es comme ton père, tu me dégoûtes.
— Pourquoi tu me mens ? J’ai peut-être trois ans, mais je ne suis pas idiot. Où est-elle ? Elle est où maman ? Dis moi où elle est!
— Cole, Cole, Cole… Ta mère t’a demandé d’arrêter si tu veux une réponse.
— Tu n’es qu’une méchante ! Et toi aussi papa ! Je la retrouverai tout seul sans vous ! »

Il l’avait fait. Il l’avait cherchée. Mais il ne l’avait pas trouvée. Pas de sitôt en tout cas. C’était Harold qui l’avait trouvée pour lui.

« Monsieur Cole, je sais que je ne suis pas censé vous le dire. Elle est à l’hôpital.
— Pourquoi ?
— Et si je vous y emmenais ?
— Oh ça oui alors ! »

Il l’avait vue. Il était parti. Il avait pleuré. Elle était heureuse de l’avoir vu, elle l’aimait de tout son cœur. Il était son petit protégé. Son petit trésor. Elle était son ange gardien.

Pourquoi ? C’était la question qu’il se posait depuis toujours. Son cœur battait à une vitesse affolante. Elle lui manquait. Harold venait d’entrer. Il s’était approché de Cole et lui avait pris la main. Il ne parlait pas mais malgré tout, il arrivait à lui transmettre tout son amour. Il ressentait toute la douleur et la souffrance du jeune homme. Il connaissait la raison de cette souffrance mieux que personne. Après tout sa vie était liée à celle de Cole. Il l’avait élevé comme un fils.

« Elle vous manque ?
— Je t’en supplie, Hal, tutoie-moi.
— Bien, mais pourquoi monsieur ?
— Et ne m’appelle plus monsieur. Est-ce que tu la tutoierais ?
— Sans doute monsieur.
— Vous nous avez élevés, elle et moi. Nous sommes presque vos enfants.
— Cole… Elle n’est plus là, je sais que c’est dur à avaler mais il le faut bien.
— C’est faux, il l’a emmenée. »

Cole avait raison. Il l’avait emmenée. Et ce depuis longtemps. Qui était-il ? Cole ne connaissait rien de lui à part son surnom : le Faucheur. C’était le nom que lui donnaient les doyens de Butler, en Pennsylvanie. Ils vivaient tous là-bas avant le drame. Il se rappelait le titre du journal. Le Faucheur de Butler, le drame du 24 décembre 2000. L’article parlait des crimes commis par le passé mais celui-ci était le pire de tous. Une fillette de six ans. Elle n’avait aucun rapport avec les autres. Le Faucheur ne s’en prenait qu’à son entourage et Elle ne faisait pas partie de son entourage.

« Hal ! Va chercher Nancy tout de suite ! »

Il était revenu avec la mère quelques instants plus tard. Cole lui avait demandé de s’asseoir. Il demanda à Harold d’écrire tout ce qui pouvait être important. Il se releva de façon à être assis et face à sa mère. L’interrogatoire pouvait commencer. Il prit un verre d’eau de façon à ce que Nancy ne soit pas obligée de quitter la pièce.

« Pourquoi avoir soudainement emménagé en Pennsylvanie un an avant ma naissance ?
— Et bien, pour partir loin de tes grands-parents.
— Ce ne sont pas mes grands-parents. Question suivante, pourquoi le faucheur s’en est pris à ma sœur ?
— Je ne sais pas, elle était l’héritière de notre famille.
— Elle l’est toujours.
— Elle est morte.
— Non, ça, c'est ce que tu veux nous faire croire à tous mais la réalité c’est que tu connais le Faucheur.
— Mais bien sûr.
— Et il est mon père. À ton avis, d’où me viennent ses gènes ? Sans doute d’un tueur en série.
— Ta sœur a disparu de l’hôpital où elle était pour traumatisme. Un mot était sur le lit d’hôpital et il était signé « Le Faucheur ».
— Menteuse. Mon père est cet homme. Tu crois que je n’étais pas là lorsque tu l’as appelé ? Tu lui demandais des nouvelles d’une dénommée 024. Ma sœur a disparu le 24 décembre. Soit tu me dis où elle est, soit j’appelle la police pour dénoncer une complice d’un grand criminel recherché.
— Tu n’oserais pas.
— Donc j’avais raison. Emmène-moi la voir.
— Bien. Mais il n’y aura que toi et moi. »

Le lendemain, Cole sortait de l’hôpital, un sourire mesquin aux lèvres. Une voiture noire était devant l’hôpital. Cole fit un geste discret à l’agent. Ils montèrent dedans. La voiture prit la route, et cela pendant deux heures. Une fois arrivée au beau milieu d’une forêt, Nancy partit en direction d’un chalet. Elle toqua trois fois et la porte s’ouvrit sur une belle jeune fille, amaigrie par ailleurs. Cole la reconnut. C’était elle. Il la prit dans ses bras. Mais elle ne réagit pas.

« Elle, c’est moi, Cole !
— Cole ? Oh bon sang ce que tu as grandi !
— Oui et je suis même papa et marié. Il faudrait que tu voies ma fille, elle te ressemble.
— Nancy ? Comment vas-tu, ma chérie ?
— Très bien, Franck. Voici ton fils, Cole.
— Alors comme ça ,c’est toi mon père.
— Et oui. »

La police entra dans le chalet, et s’assura que Cole allait bien. Harold avait prévenu la police et portait une puce de géolocalisation. La police arrêta Franck et Nancy tandis que Cole et elle rentrèrent.

Constance Lajoie